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Parler de son Maître n’est pas facile sans tomber dans le compliment candide ou idolâtre. N’est il pas dit que l’on rencontre son guide quand on est prêt
? Mais prêt à quoi ? Dire que l’on a pu rencontrer son maître
devient alors déjà un acte d’orgueil. Entre la vanité de l’autodidacte et la fausse modestie du disciple, où se situer ? Ces questions tombent d’elles même quand on a fait la bonne rencontre
. Celle qui, un jour, détermine une vie de recherche patiente et passionnée.
Il est des maîtres à la fois inconnus et célèbres. Maître Wang Yen-Nien est de ceux là. Grâce à lui, nous nous trouvons transportés d’un coup d’aile aux temps légendaires de l’Empire et il naît de l’harmonie dans nos relations grâce à son activité non agissante
.
En sa compagnie, nous avons pu pénétrer le monde d’images du taiji quan. Chaque allégorie ou description poétique est devenu mouvement au signifiant limpide : tout part du simple pour revenir au simple
.
Il se trouve que celui qui nous réunit est à la fois un maître de taiji quan et un maître taoïste. Nombreux sont ceux qui ont pu bénéficier de ces deux enseignements. Par contre, la voie taoïste de l’initiation est plus étroite. L’enseignement du taiji quan et du nei gong a pu bénéficier au plus grand nombre, en regard de la voie, plus étroite, de l’initiation taoiste, indicible et exigeante qui réclame comme effort la totalité de nous même.
Aujourd'hui, retracer des souvenirs parait bien fade en regard du patrimoine technique et humain qu'il a pu nous transmettre. Au-delà du labeur de près de 60 années d’enseignement, nous gardons l'image d'un homme qui nous a réuni autour de la grande table des arts internes
pour partager et échanger les mets raffinés du Yangjia Michuan Taiji Quan.
Et puis, il y a l’homme qui, par son cœur a su prendre notre main, discrètement, pour nous montrer le chemin, nous donner le bout du fil
en chuchotant la manière de le tirer, tout en douceur, en prenant son temps. Comme pour nous obliger à tendre l’oreille ! Ce fil ténu qui relie à la tradition d’un enseignement, il avait l’art de le tendre sans contrainte, respectant le libre arbitre de chacun tout en nous renvoyant à nous même sans se substituer à notre propre chemin.
Au-delà des années de pratique, il reste le bonheur indicible d’avoir appris, le cœur léger, d’un homme simple qui a laissé une trace unique et de reconnaître, derrière cet enseignement, autant le Maître de la discipline enseignée que la marque de sa personnalité.
Merci Lao Shi pour ce coup de griffe au cœur
qui nous a touchés à jamais.
Christian Bernapel.
Le Yangjia Michuan Taiji Quan
Yang Lu-chan (1799-1872), fondateur du style Yang de Taiji quan serait à l’origine de la forme transmise par Maître Wang Yen-Nien que nous pratiquons à l'INPACT : le Yangjia Michuan Taiji Quan (La tradition secrète de l'école Yang de Taiji quan) aussi appelée la vieille forme de l'école Yang : Yang Lao Jia. Sa réputation était grande et vint jusqu'à la cour impériale Mandchou qui l'invita à transmettre son art aux officiers supérieurs et aux notables. Yang Lu-chan ne voulut pas livrer les secrets de son art aux mandchous qui étaient considérés comme des envahisseurs de la Chine. Ce qui l'amena à créer une forme simplifiée : la Xin jia (la nouvelle forme) qui est aujourd'hui la plus répandue et la plus pratiquée à travers le monde sous des formes diverses. Seuls ses 2 fils Yang Jian-Hou et Yang Ban-Hou bénéficièrent de l'enseignement de la vieille forme traditionnelle mais se gardèrent de la transmettre au grand jour du fait de la présence Mandchoue. Zhang Qin-lin, le Maître de Wang Yen-nien bénéficia de l'enseignement secret direct de Yang Jian-hou (père du célèbre Yang cheng-fou) qui lui transmit la totalité des secrets de la vieille forme traditionnelle. Seul son frère de pratique Su Chi-Geng, qui trouva la mort à la bataille de Taiyuan lors de la guerre sino-japonaise, bénéficia également de cet enseignement. Maître Wang Yen-nien est le doyen de "la tradition secrète de l'ancienne école Yang de Taiji quan".
Maître WANG YEN-NIEN en quelques mots
Né en 1914 dans la province du Shanxi, région montagneuse située au nord de la Chine, Maître Wang Yen-Nien débute l'apprentissage des arts martiaux à l'âge de 8 ans. Il pratique en même temps la Chang quan (longue boxe) et le Xinyi quan qui fait partie des 3 arts martiaux internes majeurs avec le Taiji quan et le Bagua quan. A l'âge de 25 ans, il rencontre Zhang Mao-Lin avec lequel il étudie le nei gong dans l'école taoiste de la Montagne d'Or
. Celui-ci lui présente le Maître de Tai Chi Chuan Zhang Qin-Lin qui était son frère de pratique dans l'école de la Montagne d'Or. Ce dernier l'initie à la forme secrète de l'école Yang de Taiji quan : le Yangjia Michuan Taiji quan qu'il ne cesse de pratiquer et d'enseigner jusqu'à nos jours. Zhang Qin-lin a étudié la vieille école yang auprès de Yang Jian-Hou fils du célèbre Yang Lu-Chan fondateur du style Yang et surnommé de son temps Yang l'invincible
ou le sans rival
. En 1949, à cause des évènements se déroulant en Chine continentale, Maître Wang part s'installer à Taïwan où il a enseigné le Taiji quan chaque matin et chaque soir jusqu’à sa mort survenue le 15 avril 2008.
Maître Wang Yen-Nien que nous appelons aussi Lao Shi
(professeur) ou Monsieur Wang
fait partie des grands enseignants humanistes
qui connaissent et respectent les chemins de la transmission initiatique. Sa simplicité et sa bonhomie n'ont d'égale que l'acuité de son regard qui vous perce lorsqu'il vous observe. Ses connaissances, son sens de l'organisation, sa concentration exceptionnelle, son humour, sa présence et sa voix en font un pédagogue captivant et hors du commun. Par sa présence, il est une authentique source d'apprentissage pour ceux qui veulent bien recevoir humblement l'enseignement qu'il prodigue avec force et simplicité. Il nous offre sa simplicité, son sourire incomparable et son talent mais aussi une nature forte et un tempérament exceptionnel.
Maître WANG YEN-NIEN
Maître de Taiji Quan
Représentant le plus ancien
de la Tradition Secrète de la famille Yang
Nom de plume : Shanya
Autres noms : Fushou, Yong Kang
Mourir après 8O ans, c'est mourir avec le sourire !dit la tradition chinoise...
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| Nous ajouterons progressivement des écrits de Maître Wang Yen-Nien au fil de ces pages pour les partager avec vous. De votre côté, vous pouvez également nous transmettre vos documents (ou commenter sur cette page) pour rassembler peu à peu ces témoignages irremplaçables. remonter | Écrit par w.Marc, |
Vendredi 10.09.2010 - 16:45 | 1 connecté | 29799 visiteurs | Mise à jour le 10.09.2010
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